Outre la lettre de Léon Gatayes, et plusieurs autres, j'en ai reçu une d'un inconnu qui me fait de vifs et puérils reproches et me dit quelques injures assez sottes à propos de mon appréciation de l'évasion.
Je ne parlerais pas de cette lettre sans un détail que voici:
Mes lecteurs n'ont peut-être pas remarqué qu'ayant, dans des chapitres précédents, appelé le prisonnier de l'île Sainte-Marguerite M. de Bazaine, je l'appelle aujourd'hui M. Bazaine.
Il paraît que ce de ne lui appartient pas; d'ordinaire, dans le doute, j'aime mieux donner un de en trop, qu'un de en moins.
Ça m'est si égal!
Mais mon correspondant se trompe fort, si, par sa remarque et la suppression du de, il croit diminuer l'homme qui s'est, hélas! suffisamment diminué lui-même.
Sortir d'une famille de petits bourgeois ou même d'artisans, ce que j'ignore, mais ce qu'affirme celui qui m'écrit, pour arriver à être général d'armée, maréchal de France et sénateur;—c'était avoir parcouru plus glorieusement un plus grand chemin.—Plus le point de départ est bas, plus celui qui arrive au sommet s'est élevé.
Il est triste que ça ne lui ait servi qu'à tomber de plus haut.
Quelques journaux, selon leur couleur,—ont appelé M. Bazaine: le maréchal ou l'ex-maréchal.
M. Bazaine ayant été dégradé par un tribunal régulier, c'est manquer au respect dû à la loi et à la justice que de lui conserver un titre qui ne lui appartient plus.