—Mais, alors, aurais-je été assez heureux pour vous dégoûter de... ce... métier?
—Pas le moins du monde, mon père, mais j'espère que vous aurez dégoûté mes trois concurrents.»
Est-il donc vrai que ce peuple, autrefois si spirituel, soit devenu assez bête pour qu'il y ait un danger sérieux pour lui dans ces exhibitions de portraits,—dans cette lutte de photographies à laquelle se livrent les légitimistes et les bonapartistes.
Virgile peint les abeilles voltigeant autour des lis et remplissant l'espace de murmures menaçants.
Mais il nous dit que cela se passe sur les rives du Léthé, où les uns et les autres vont boire les longs oublis[4].
Les pseudo-républicains ne distribuent pas de portraits,—ils n'en ont pas besoin,—d'abord, ils ne sont pas jolis, jolis! et d'ailleurs, si la France est privée pour le moment de voir MM. Pyat, Vermesch, etc., tous les jours à la gare Saint-Lazare, on peut contempler MM. Naquet, Gambette, etc., etc.
Je ne me rappelle pas, si j'ai cité déjà un exemple curieux de cette bizarrerie que j'ai trouvée dans l'histoire:—Maximin associa son fils à l'empire et n'en donna pour raison que la beauté du jeune homme.
«J'ai nommé mon fils empereur, écrivit-il au Sénat, pour que le peuple romain et le Sénat puissent dire qu'ils n'ont jamais eu un plus bel empereur[5].»
L'annonce et la réclame appliquées au suffrage universel doivent faire rire... les autres peuples.—«Prenez n'importe quoi ou même rien du tout, disait le Bourgeois de Paris, annoncez-le énormément, et vous en vendrez tant que vous voudrez.»
Je m'étonne qu'on n'ait pas encore promis des primes, «une montre à remontoir», par exemple,—aux électeurs qui voteront pour l'un ou pour l'autre des prétendants.