Histoire des trente-deux infidélités que fait à son mari une femme vertueuse en allant de sa maison à l'église.

1o En s'habillant avant de sortir, Laure...—Nous appellerons la femme vertueuse Laure, si vous le voulez à moins que quelqu'un n'ait quelque souvenir qui l'empêche d'attacher à ce nom l'idée que je lui impose.

En s'habillant, Laure exagère ses hanches et sa gorge, c'est-à-dire qu'elle cherche à exciter des désirs par une exhibition extraordinaire de ses charmes secrets. Certes, ce n'est pas au mari qu'est destinée cette perfide amorce, puisque le mari sait parfaitement à quoi s'en tenir.

Je sais que les femmes ne placent l'infidélité que dans la dernière faveur. Mais je ne saurais pour moi considérer comme bien pure une femme qui, en offrant de telles choses aux yeux, excite l'imagination des passants à des investigations peu respectueuses. Les femmes ne savent pas assez qu'il suffit d'un désir d'un autre pour les souiller aux yeux d'un homme bien amoureux.

2o Je pourrais compter pour une infidélité chacun des soins que prend de s'embellir une femme qui va dans un endroit où elle ne verra pas son mari, qui reste à la maison.

3o En traversant un prétendu ruisseau, Laure relève sa robe et montre, à deux commissionnaires qui fument, un petit pied étroit, une cheville mince et un bas de jambe d'une extrême finesse, avec un bas bien lisse et bien tiré.

4o Deux hommes passent près de Laure; l'un des deux la fait remarquer à l'autre. Laure sent un vif mouvement de plaisir.

5o Laure remarque que G***, qui passe, monte parfaitement à cheval.

6o En entrant à l'église, elle ôte son gant pour prendre de l'eau bénite, et montre une main blanche et effilée et un charmant poignet, qu'elle incline de façon à le faire paraître avec tous ses avantages.

7o Laure, en s'asseyant, laisse voir son pied.