Avant de rentrer chez lui, il alla voir la lueur d'une veilleuse qui brûlait dans la chambre de Clotilde.
XXXIII
Clotilde à Tony Vatinel.
«Je pars, Tony, je pars triste et malheureuse; j'emporte cependant un espoir, mais tellement vague, que je n'ose vous le dire; si je réussis, vous pourrez juger de l'ardeur que j'ai mise à nous réunir. J'ai sollicité pour mon mari, sans qu'il le sache, et par des amis puissants, une sorte de mission honorifique qui l'enverrait pour trois mois en Italie. Ne trouvez-vous pas que M. de Sommery ferait un très-agréable chargé d'affaires auprès d'un gouvernement... étranger?
»Soyez calme, je vous en prie, nous ne sommes pas tout à fait séparés; je prie un peu le ciel, et je l'aide beaucoup; n'est-ce pas d'ailleurs être un peu ensemble que de souffrir chacun de notre côté de la même absence, de former les mêmes vœux, d'évoquer les mêmes souvenirs?
»Ah! Tony, pourquoi suis-je mariée! Mais jamais je ne serai à deux hommes à la fois.»
A Trouville.
Arthur et Clotilde retrouvèrent au château de Trouville M. de Sommery dans la même redingote bleue, dans le même col en baleine, dans le même fauteuil, dans le même coin de la même cheminée, et madame de Sommery à l'autre coin; Baboun sur son même coussin de velours d'Utrecht vert. L'abbé Vorlèze vint le soir; il avait sa même redingote sans taille violet foncé.
Et on fit la partie d'échecs.