La lune, qui avait monté, éclaira le corps; et l'abbé se redressa en s'écriant: «Ah! mon Dieu! Mais c'est impossible! dit-il. Il devait revenir par terre.»

Il se pencha encore, se mit à genoux, écarta les cheveux du mort. «Oh! mon Dieu! dit-il, c'est bien lui! Aidez-moi, mon Dieu, dans les tristes devoirs que j'ai à remplir.»

Alors il traîna le corps jusqu'au pied de la falaise, pour que la mer, en remontant, ne vînt pas l'entraîner; il fit une courte prière et se dirigea vers le château, où il demanda à parler à M. de Sommery, et l'emmena dans le jardin.

LXIV

L'abbé avait, tout le long du chemin, préparé son discours et ses précautions oratoires; mais, quand il fut au fond du jardin avec M. de Sommery, il se prit à pleurer et lui dit: «Mon cher monsieur de Sommery, il faut du courage pour ce que j'ai à vous apprendre. Il vous est arrivé un grand malheur.—Qu'est-ce? dit le colonel.—O mon Dieu! dit l'abbé, donnez à ce pauvre père la force et le courage, car toute force vient de vous.—Arthur! s'écria M. de Sommery, où est Arthur?

L'abbé baissa la tête sans répondre.

«Parlez! parlez! s'écria M. de Sommery; il est malade, n'est-ce pas, il est blessé?—Il est mort! dit l'abbé.—Mon fils! s'écria M. de Sommery d'une voix forte et éclatante qui résonna dans toute la maison, mon fils Arthur est mort! O mon Dieu! ayez pitié de moi!» Et le vieux soldat tomba sur un banc et se mit à pleurer.

Au cri du colonel, tout le monde accourut au jardin.

LXV

Excepté cependant Clotilde. Tony Vatinel était auprès d'elle et lui disait: «Marie, veux-tu me suivre?—Éloignez-vous, sauvez-vous! disait Clotilde; entendez-vous ce tumulte dans la maison? Sauvez-vous!—Marie, veux-tu me suivre? répéta Tony froid et impassible.—Au nom du ciel, fuyez! répondit Clotilde.—Marie, dit une troisième fois Tony Vatinel, veux-tu me suivre?—Allez-vous-en! répondit encore Clotilde.—Adieu donc, Marie,» dit Tony Vatinel.