CHARLES. Je le crois bien.

ZOÉ. Qui te rend si savant?

CHARLES. On sait ce qu'on sait.

ZOÉ. Mais, toi-même, tu as un air plus que singulier: un habit boutonné jusqu'au cou, l'air sévère, la voix brève. Qu'est-ce que tu as?

CHARLES. Cela ne regarde pas les femmes.

ZOÉ. Je ne suis pas une femme, je suis ta cousine et ton amie. Tes paroles sont graves, ta voix est solennelle, ton maintien digne: cela n'est pas naturel...

CHARLES. C'est bien. Mais je veux te donner quelques conseils. Zoé, ma cousine, tu te perds.

ZOÉ. Et toi, Charles, mon cousin, tu perds la tête. Est-ce pour me dire de semblables sornettes que tu prends un visage si grave et si terrible, un regard si fixe et des airs de tête si majestueux? Si tu savais à quoi j'ai passé la nuit...

CHARLES. Je le sais.

ZOÉ. J'espère bien que non; j'en serais trop honteuse.