»Souvenez-vous de lui enseigner que c'est lorsqu'on peut tout qu'il faut être très sobre de son autorité. Les lois sont les colonnes du trône: si on les viole, les peuples se croient déliés de leurs engagements.»
Il semble que Louis XVII eût été mieux élevé pour être un grand et bon roi que ne l'ont été MM. Ferry, Constans, Lockroy, Rouvier, Freycinet, Tirard, Floquet, Laguerre, Vergoin, sans compter la horde des affamés qui se disputent les lambeaux de la France.
On a guillotiné Louis XVI, sa femme et sa sainte sœur, et on a fait mourir le dauphin de misère dans une prison.
Vous mentez!
Ce n'est pas 1789, mais 1792 et 1793 que vous voulez célébrer, rappeler et ramener, parce que là seulement vous voyez satisfaction à vos ambitions, à vos vanités, à vos appétits.
Les gouvernements étrangers ne s'y trompent pas et ne permettent pas à leurs ambassadeurs d'assister à cette comédie, à cette mascarade.
Aujourd'hui, après un siècle de guerres étrangères et intestines, après des pillages, des ruines, des misères de tout genre, nous sommes moins avancés dans la liberté que nous l'étions après la nuit du 4 août.
Si Louis XVI avait alors—et la France et l'impartiale histoire peuvent lui reprocher de ne pas l'avoir fait—si Louis XVI avait fait pendre une demi-douzaine de scélérats et de monstres et envoyé pérorer dans quelques colonies une cinquantaine de bavards,—monstres et bavards qui, plus tard, mais trop tard, se sont entre guillotinés,—quelques-uns se réservant pour l'antichambre de Napoléon!—Louis XVI eût épargné à la France neuf cent quatre-vingt-neuf mille huit cent seize femmes, hommes, enfants, guillotinés, mitraillés, noyés, massacrés avec des raffinements de cruauté sauvage,—le pillage, le gaspillage effréné de la fortune publique,—la banqueroute. Il eût épargné les cinq millions de cadavres français laissés sur les champs de bataille—et deux invasions. Il nous eût épargné la haine et la défiance de l'Europe dont nous souffrons encore aujourd'hui.
Combien eût été différent le sort de la France si Louis XVI, finissant ses jours sur le trône, eût laissé pour continuer son œuvre le fils qu'il élevait si soigneusement pour le bonheur de la France!
En 1830, la Providence nous permit de renouer le fil de la tradition et de repartir de 1789.