Mais ses pralines ont souvent l'amende amère.
Le bonheur d'être décoré:—mettre un œillet rouge à sa boutonnière;—à dix pas, on croit que vous êtes officier de la Légion d'honneur; à trois pas, on voit que vous êtes un sot.
Je lis dans un livre publié par un Allemand en 1753: «L'Allemagne soumise à un seul prince serait sans doute plus puissante,—mais serait-elle plus heureuse?»
Dans un autre livre d'un baron de Biefeld, diplomate au service du grand Frédéric,—livre écrit en français et imprimé en 1772—je lis: «Voici les titres que tout bon Allemand donne à l'empereur: resplendissantissime, transparentissime, puissantissime et invincible empereur, etc. Allerdurchlauchttigster, grossmaechtigster und unueberwindlischter Kayser allergnaedister Kayser und Herr.
Il faut dire que le baron, qui se raille agréablement de ce «galimatias», était Prussien, et que l'empire d'Allemagne appartenait alors à l'Autriche. J'ignore, si les Prussiens, devenus aujourd'hui les maîtres, et leur roi étant passé empereur, ont ramassé ces titres comme joyaux de la couronne impériale, et si peuple et roi en sont très heureux.
Le bonheur légitime est si cher aujourd'hui,
Que, pour peu qu'un jeune homme ait d'ordre et de conduite,
Au banquet de l'amour il vit en parasite,
Et n'ose plus aimer que la femme d'autrui.
«La plupart de nos malheurs et de nos chagrins, dit Pascal, viennent de ce qu'on ne sait pas rester dans sa chambre.»