»Il n'y a point de gouvernement aussi sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le gouvernement démocratique, parce qu'il n'en est aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme.» (Contrat social.)

Je viens de voir un joli exemple de la façon dont ces insensés, dont ces jobards trompés par des coquins entendent la république.

Cette élection d'un député,—cette population se partageant passionnément, haineusement entre un général tout à fait quelconque et un marchand de vin.

Ces journaux, ces affiches collées les unes sur les autres, augmentant l'épaisseur des murailles et diminuant la largeur des rues,—les deux partis se prétendant exclusivement amis du peuple—et dépensant trois cent mille francs à imprimer des mensonges et à en tapisser la ville,—un conseil municipal sacrifiant par deux fois, en un mois, une somme énorme à faire des ripailles de victuailles les plus chères:—et cela dans une ville où la statistique dénonce un indigent sur douze habitants!—combien, pendant qu'on employait tant d'argent à gâter du papier, tant d'argent à s'empiffrer de pâtés de foies gras,—combien de gens se sont, ce jour-là, couchés sans souper,—ceux du moins qui avaient où se coucher.

Une jolie manière de faire des élections!

«Pour obtenir l'expression de la volonté générale, il faut qu'il n'y ait pas de sociétés partielles dans l'État, et que chaque citoyen n'opine que d'après lui-même;—que les citoyens, au moment des suffrages, n'aient entre eux aucune communication;—mais s'il se fait des associations partielles et des brigues, il n'y a plus autant de votants que d'hommes, mais seulement autant que d'associations.» (Contrat social.)

«Il faudrait donc, pendant la période électorale, suspendre toutes réunions, ne pas permettre aux journaux de discourir sur la politique et les élections, et c'est précisément le contraire que vous faites.

»Corrigez s'il se peut les abus de votre Constitution, mais ne méprisez pas celle qui vous fait ce que vous êtes.» (Gouvernement de Pologne.)

«Les peuples prenant pour la liberté une licence effrénée qui lui est opposée, leurs révolutions les livrent à des enjôleurs qui ne font qu'aggraver les choses.» (Origine de l'inégalité.)

«C'est surtout la grande antiquité des lois qui les rend saintes et vénérables, le peuple méprise bientôt celles qu'il voit changer tous les jours. Il ne devrait être permis à personne de proposer de nouvelles lois à sa fantaisie. C'est ce qui perdit les Athéniens à force d'innovations dangereuses favorisant des projets insensés ou mal conçus.» (Sur l'inégalité.)