Oh! le soleil, le beau soleil
Qui fait dans le jardin tout riant et vermeil!
Tout aime,—tout fleurit; les rossignols se perchent
Sur les lilas en fleurs—et chantent dans la nuit;
Les insectes se cherchent
Sous l’herbe qui grandit.

Aux fleurs des cerisiers l’abeille d’or bourdonne;
Les papillons d’azur voltigent par le pré;
Le pigeon amoureux baise de sa pigeonne
Le beau col diapré.

Et pourtant, au milieu de cette douce joie,
Qui remplit l’univers,
Je rêve tristement, et je me sens en proie
A des pensers amers.

Comme en ces vieux donjons où la grande herbe pousse
Sur les corps des barons et des preux endormis,
Il semble qu’en mon cœur, tombeau couvert de mousse,
Où j’avais renfermé tant de si chers débris,
Maison longtemps déserte—il revient des esprits.

9.—J’ai lu ce matin dans un journal:—«Un perruquier sans ouvrage s’est jeté à l’eau.—Voilà où conduit le manque de religion.»—Et le manque d’ouvrage, aurait pu ajouter l’écrivain.

10.—Madame *** a quelque soixante ans et se marie avec un jeune homme.—Un homme de sa famille, très-puissant à la Banque, est allé la voir et lui a fait de longs discours pour la détourner de son projet.

—Eh bien! a dit madame ***, il n’est plus temps,—il faut tout vous dire:... je me suis donnée... cet été,—aux eaux.

—Et lui aux os,—pensa le parent officieux.