—Mais quel couplet?
—Celui de la jeune première de notre pièce.
—Oh! eh bien! le voilà:—Tra la la la.
M. Vanderburch chante l’air;—M. Laurencin se sauve;—on veut en vain l’arrêter.—Il regagne Orléans, monte en voiture et revient à Paris avec son air.
19.—A propos des banquiers ou autres orateurs plus ou moins israélites et barbares qui veulent parler à la Chambre,—nous leur donnerons l’exemple de M. de Rothschild, leur maître à tous.—On se rappelle le cri d’exécration qui s’est élevé dernièrement contre les juifs de Damas. M. de Rothschild, pour l’honneur du nom juif,—pour prévenir le contre-coup dans l’opinion de l’Europe, a voulu plaider publiquement l’innocence de ses coreligionnaires.—Il a d’abord recueilli des pièces émanées d’autorités respectables, il les a fait mettre en ordre sous ses yeux par une main habile;—puis il a fait rédiger un récit qui a été plus tard signé de Me Crémieux, avocat juif, teinturier ordinaire de MM. les juifs qui ont le besoin et le moyen d’être éloquents;—et ensuite il a fait insérer le tout, le même jour à la fois, dans tous les journaux de Paris et de Londres, et on a vu toutes les feuilles, même les plus catholiques, mordre à l’appât de l’annonce et proclamer la défense des juifs. Il y aurait un beau chapitre à faire sur la quatrième page des journaux.—Le ministère l’a senti, mais il n’a pas su le faire spirituellement; au lieu d’acheter des organes aux uns, de donner des passe-ports aux autres, il n’avait qu’à acheter aux courtiers d’annonces la quatrième page de tous les journaux.—Par ce moyen, au lieu de s’élogier dans ses propres journaux, qu’on ne lit pas,—il se faisait donner, dans les journaux de ses adversaires,—tous les éloges qu’on y donne quotidiennement et sans mesure—aux pâtes de Nafé,—au Kaïfa,—aux toiles métalliques, aux biberons artificiels, aux allumettes chimiques, etc.
Les conseils et les exemples de M. Véron ont pu être en cela fort utiles au ministère actuel—qui, sauf le peu d’économie de ses opérations et les moyens employés, arrive pour les résultats à gouverner par les réclames, comme on vend la pâte Regnault, et se confond tellement dans les esprits, avec ce vénérable béchique, qu’il obtiendra peut-être dans l’avenir le titre de gouvernement pectoral ou ministère Regnault.
20.—Pendant que je suis à Saint-Germain,—je dois constater la manière dont on va,—ou plutôt dont on ne va pas sur le chemin de fer, à cause de la concurrence dont la compagnie est menacée sur la route de Versailles,—concurrence qu’elle n’a pas à redouter pour le chemin de Saint-Germain.—Elle a transporté sur celui de Versailles toutes ses meilleures machines. Le Parisien, qui est si fier avec les rois, est sans cesse sous la tyrannie des cochers de fiacres, des conducteurs d’omnibus et des ouvreuses de loges de théâtres, qui ne se gênent pas avec lui et le maltraitent jour et nuit pour son argent, sans qu’il ose jamais se rebiffer ni se plaindre.—Il est presque ordinaire qu’on mette une heure pour aller de Paris à Saint-Germain, un peu plus du double du temps nécessaire;—il n’est pas déjà si amusant d’être en chemin de fer entre des talus de terre crayeuse,—procédé par lequel, comme me le disait un jour Armand Malitourne: on va, mais on ne voyage pas.
—La forêt, admirablement coupée pour la chasse, est pleine de chevreuils.—On m’assure qu’elle ne renferme que trois cerfs.—Quel que soit le nombre de ces victimes ordinaires des chasses vraiment royales,—ils sont l’objet d’une triste économie.—Quand il doit y avoir une chasse à Rambouillet ou à Versailles, on en prend un dans des filets, on le garrotte, on le conduit en voiture au rendez-vous de chasse;—là on le poursuit, on le force, mais courtoisement, sans lui faire de mal;—ensuite on le prend, on le remet en voiture et on le reporte chez lui.—Cela a l’air d’une chasse de théâtre, et le cerf d’un comparse chargé du rôle de cerf—qui a ses feux et qui peut recommencer le lendemain les mêmes exercices;—peut-être, pour prêter davantage à l’illusion, devrait-on les instruire à faire le mort.