7.—Quand ce volume paraîtra,—M. Ganneron,—député, et chevalier de la Légion d’honneur,—se rappellera-t-il avoir dit dans une maison, hier soir:—Nous venons de bâcler quinze lois.
8.—M. Lherbette, chevalier de la Légion d’honneur, a adressé des interpellations au ministère relativement aux deux journaux ministériels du soir, le Moniteur parisien et le Messager.—Voici le secret de cette petite comédie. M. Baudoin, gérant du Moniteur,—et chevalier de la Légion d’honneur,—voudrait anéantir M. Brindeau, gérant du Messager, lequel voudrait absorber M. Baudoin.
Le petit Moniteur, qui est imprimé à sept mille exemplaires, est préféré par le ministère au Messager, qui n’en vend que onze cents, et on lui donne les dépêches les plus fraîches et les meilleures. Le Messager, d’après un contrat, est assuré de deux années d’existence.—M. Brindeau, menacé de les passer dans l’abaissement et l’humiliation,—a songé à M. Lherbette, à côté duquel il dîne tous les jours au café de Paris,—et il l’a prié de forcer le ministère à s’expliquer clairement à son sujet;—de sorte que les attaques formulées par M. Lherbette contre le ministère—étaient réellement faites par M. Brindeau, gérant du Messager, journal acheté par le même ministère.
9.—Les moralistes et philanthropes ayant de tout temps attribué les crimes des hommes à l’ignorance,—il est devenu fort à la mode, parmi les assassins et les voleurs,—d’avoir un peu de littérature.—On se rappelle les tragédies et les chansons de Lacenaire;—l’homme à la mode en ce moment est Éliçabide.—Clément Boulanger, qui est un homme de talent et de tact, a eu raison d’écrire aux journaux qui l’avaient annoncé qu’il n’était pas vrai qu’il eût fait le portrait de cet assassin pour le publier.
Voici, au sujet d’Éliçabide, une petite anecdote que le chanteur Duprez a racontée lui-même avec beaucoup de gaieté et d’esprit:
«Il y a eu,—il y a quelque temps, une fièvre de plâtre incroyable.—On a publié la statuette de tout le monde.—Un marchand, qui n’avait pu placer tous les exemplaires de celle de Duprez,—a imaginé d’envoyer ce qui lui restait en province et de les faire vendre comme représentant Éliçabide. A Bordeaux, le peuple s’est indigné en voyant le scélérat et a brisé plusieurs statuettes.»
Le commerce ne peut manquer de s’emparer évidemment de ce débouché pour les illustres qui lui restent en magasin.—On a déjà envoyé trois cent cinquante Déjazet dans les départements,—pour être vendues sous le nom de madame Laffarge, accusée d’avoir empoisonné son mari.