O monsieur!—mon bon monsieur,—vous qui êtes si gai,—que vous avez donc dû vous amuser quand cette idée si plaisante vous est venue: tiens, je vais écrire aux journaux qu’Alphonse Karr est mort,—hi, hi, hi!—Que cela sera donc drôle!—que je suis donc amusant!—mon Dieu! que j’ai donc d’esprit!—mort,—tué,—un cadavre.—Oh! c’est trop bouffon;—cela fait mal de rire comme cela.—Un corbillard!—oh! la, la, les côtes!—Un enterrement!—il faut que je me roule par terre,—je m’amuse trop.

Mon bon monsieur, vous que je suis plus près peut-être de deviner que vous n’en avez envie,—permettez-moi de vous dédier ce présent petit volume,—et devons montrer certaines choses qui auraient pu vous inspirer quelque gaieté,—sans cependant vous distraire aussi agréablement qu’en me faisant passer pour mort.

Nous commencerons, monsieur, s’il vous plaît, par les scènes de haut comique,—de comique sérieux.

Je l’ai dit le mois dernier,—l’étranger, dont on parle tant à la Chambre et dans les journaux,—n’est pas la cause, mais le prétexte des fortifications.

Le roi voulait avoir ses forts détachés.—J’avais cru d’abord que ce n’était que pour les bâtir,—mais j’hésite dans cette pensée depuis que j’ai vu le gouvernement essayer d’éviter ou d’ajourner l’enceinte continue.

M. Thiers comprenait que, si la loi ne passait pas,—la Chambre ne pouvait se dispenser de le mettre en accusation—pour avoir commencé les travaux sans son assentiment. Le parti radical,—dont toute la puissance est à Paris, a voulu pouvoir gagner la partie en un seul coup de dé, en un seul coup de main.

Beaucoup de gens ont cédé à l’envie de prendre sans danger des airs belliqueux.

M. Dufaure, qui a prononcé un discours très-remarquable contre le projet de loi, disait le lendemain:—«Je ne recommencerai pas,—ce pauvre roi, cela lui a fait réellement trop de peine.»