Les numéros qu’on oblige les propriétaires de faire peindre sur les panneaux ont pour but de les empêcher d’échapper par la fuite à la punition des accidents qu’ils peuvent causer.
Il a donc imposé aux fiacres et aux cabriolets de place,—voitures d’une lenteur notoire et proverbiale,—traînés par des restes et par des ombres de chevaux,—d’énormes numéros dorés.
Aux cabriolets de régie,—qui vont beaucoup plus vite,—des numéros très-petits et très-étroits.
Et, enfin, aux cabriolets et aux carrosses bourgeois, qui seuls ont des chevaux vifs,—vigoureux et indociles,—qui seuls peuvent causer des accidents,—qui seuls peuvent s’échapper rapidement, d’imperceptibles numéros,—dont s’abstiennent même tout à fait la plupart des voitures à quatre roues.
UN MOT DE L’ARCHEVÊQUE DE PARIS.—On raconte de monseigneur Affre, archevêque de Paris,—qui signe Denis,—que, n’étant encore que simple abbé, il se trouva dans une voiture publique avec un jeune homme du commerce, voltairien qui courait la France pour placer du calicot et décrier l’Être suprême,—parlait fort légèrement du gouvernement d’alors et réservait toute son admiration pour ses articles—tant en toile qu’en coton.
Le commis voyageur, voyant un prêtre, pensa qu’il serait de bon goût de l’insulter et d’amuser à ses dépens les autres personnes encaquées avec eux dans la diligence.
—Monsieur l’abbé, lui dit-il, savez-vous quelle différence il y a ent reun âne et un évêque?
—Non, monsieur, répondit modestement l’abbé.
—Eh bien! je vais vous l’apprendre:—c’est que l’évêque porte la croix sur la poitrine et que l’âne la porte sur le dos.