Ce tableau fut donné par le roi à la ville d’Avignon, laquelle ville d’Avignon en a été fort reconnaissante, mais ne l’a jamais reçu.—Le député d’Avignon—dont je ne sais pas le nom, mais qui porte des moustaches—a été chargé de le réclamer instamment.—Il n’est pas probable que le tableau soit en route depuis cinq ans sans être arrivé à sa destination;—on s’occupe de chercher ce tableau, qui n’a pas moins de douze pieds de haut, de la cave aux combles du Louvre;—on ne le trouve pas.

Le parti légitimiste a manqué deux occasions de se montrer généreux.

A la vente des dames de la Miséricorde, faite dans les salons de M. J. de Castellane par toutes les belles dames légitimistes, il y avait plusieurs ouvrages de la duchesse d’Angoulême,—entre autres un coffre en tapisserie, qui était coté cent francs.

Pendant les cinq jours qu’a duré la vente, il ne s’est présenté personne qui voulût mettre ce prix à l’ouvrage de la dauphine.

Ce qui s’est le plus vendu, ça été des torchons; on trouvait très-plaisant d’aller en marchander aux duchesses et aux princesses, qui les déployaient; elles en ont vendu étonnamment.

Cet élan modéré rappelle celui qu’a excité la souscription faite par M. de Brézé pour le buste du duc de Bordeaux,—elle a rapporté fort peu de chose;—on a remarqué, parmi les souscriptions envoyées à M. Vernes, celle-ci, qui montre un touchant sacrifice:

«M. B***, vingt francs—qu’il a trouvés.»

Les belles vendeuses ont prié M. de Castellane, en récompense de leur zèle charitable—de leur donner sur son théâtre une représentation secrète de Passé Minuit.—Il est toujours bon et encourageant que la vertu soit récompensée... ne fût-ce que par le vice.

La pièce n’a pas été jouée sur le théâtre, mais dans un petit salon.