L’adresse et la discussion qui l’a précédée ont été une œuvre de banalité et de médiocrité. Les assaillants, comme les défenseurs, l’opposition, comme le gouvernement, tout le monde a contribué de son mieux à en faire quelque chose de parfaitement vide.
Personne n’a eu le courage de son opinion. M. de Rémusat a reculé devant le sens primitivement sournois et agressif de l’adresse dont la rédaction lui avait été confiée,—et a cru devoir l’expliquer.—M. de Chasseloup a reculé devant son amendement.
M. Mauguin était à la tribune et prononçait un long discours, lorsqu’il en vint à cette phrase: «Et c’est une chose de quelque importance que le siége d’Hérat.»
La Chambre entendit le siége des rats, et il y eut un éclat de rire universel.
M. FULCHIRON. Le siége des rats a excité les souris de la Chambre.
M. HÉBERT. Qu’en pense le shah?
M. DE BELLEYME. Le shah les surveille; il a l’œil perçant.
M. Mauguin continuait à parler; M. Fulchiron quitta sa place et se dirigea vers le fauteuil du président,—en lui faisant un signe d’intelligence pour lui faire comprendre qu’il avait à lui dire des calembourgs dont on sait que M. Sauzet est grand amateur.
M. Sauzet répondit par un geste d’autorité qui voulait dire: «Attendez un peu, quand M. Mauguin aura fini.»