Ajoutons, pour consoler à leur tour ces deux messieurs, que MALHERBE a dit:
«Prends ta foudre, Louis, et va comme un lion.»
M. DE CASSAGNAC a dernièrement raconté, avec beaucoup d’esprit et je dirai d’éloquence, les effets du mal de mer;—seulement il se trompe quand il dit que les anciens n’en ont pas dit un mot. PLUTARQUE, cité par MONTAIGNE, en parle dans le Traité des causes naturelles, et SÉNÈQUE a écrit à ce sujet:
Pejus vexabar quam ut periculum mihi succurreret. «Je souffrais trop pour penser au danger.»
Plus je multiplierais les exemples,—plus je prouverais que l’emploi que notre auteur a fait du mot océan est neuf et hardi.
Réponse à plusieurs lettres.—Beaucoup de gens me blâment de passer la plus grande partie de ma vie au bord de la mer. C’est incroyable tout ce qu’on a de sagesse pour les autres,—et comme on voit clair dans leurs affaires et dans leurs intérêts.
Quelqu’un m’écrivait dernièrement: «Vous n’êtes pas à Paris, vous n’allez pas dans le monde,—vous ne savez pas ce qui se passe.»—Et ce quelqu’un terminait sa lettre par me faire part de cinq ou six choses dont j’avais parlé un mois auparavant dans les Guêpes; choses qu’il n’avait apprises que de gens qui les tenaient de mes petits soldats ailés.
J’ai souvent cherché la cause qui fait qu’on est si fort irrité contre quelqu’un qui vit dans la solitude. Est-ce donc que les gens ont besoin de tant de spectateurs pour les belles choses qu’ils disent et qu’ils font, qu’ils ne vous permettent de vous absenter que pendant leurs entr’actes d’héroïsme et de grandeur?
Est-ce que l’homme qui vit seul semble dire aux autres un peu trop orgueilleusement qu’il n’a pas besoin d’eux?