Le lendemain, il découpe avec des ciseaux et imprime le on dit de tous ses confrères sur le même sujet.

Le surlendemain—on recommence avec cette phrase préliminaire: «Nous ne nous étions pas trompés; il n’est que trop vrai, etc.»

Le jour d’après,—opinions des confrères coupées aux ciseaux.

Le jour d’après,—réponse des journaux ministériels.

Le jour d’après,—réponse aux journaux ministériels.

Le jour d’après,—les journaux ministériels répliquent.

Le jour d’après,—les journaux dits indépendants répliquent à leur tour.—Ce n’est qu’au bout de quinze jours qu’on laisse la chose en repos—et qu’on commence à retrouver des araignées dilettantes, des médailles de Tetricus.—des mâchoires de dynotherium giganteum.—Les enfants tombent d’un sixième étage dans une voiture de poussier de mottes à brûler, et leur mère les remonte sans accident avec le boisseau qu’elle marchandait.—Les chiens se signalent par des actions vertueuses.—Le grand serpent de mer est rencontré par un navire hollandais.—Des bûcherons coupent un arbre et trouvent dedans—une croix peinte en bleu, etc., etc.

A ces signes, on se rassure, on se dit: «Allons! c’en est fini de telle ou telle question.»

Pas le moins du monde.

La session s’ouvre,—les députés récitent à la tribune les articles des journaux sur la chose que vous espériez oubliée:—les journaux impriment les discours des députés, et on recommence tout.