Les journaux sont dans un abattement profond,—l’ordre de choses actuel se consolide;—tous les arrivés tirent chacun sa PETITE ÉCHELLE.—C’est en vain que ceux qui voulaient monter après eux s’efforcent de les retenir. Les gens arrivés maintenant—auront probablement à passer par toutes les phases qu’ont franchies les castes qui ont disparu en juillet 1830. Ils agissent à découvert;—ils avouent par leurs actes que leur patriotisme était de l’envie,—et que ce qu’ils ont renversé, ils n’ont jamais voulu le détruire, mais s’en emparer. D’autre part, comme ceux qui les attaquent feraient juste les mêmes choses,—nous n’y perdons et nous n’y gagnons rien;—seulement il se glisse dans les esprits une grande indifférence politique.—Les têtes, comme le thermomètre, ont baissé en France de dix degrés.
Voici la copie authentique d’un certificat délivré à un domestique:
«Je soussigné, doyen des colonels, des chevaliers de Saint-Louis et des gentilshommes domiciliés dans l’arrondissement communal du***, électeur du département de la Seine-Inférieure, otage et volontaire royal, ancien commissaire de la noblesse aux états de Bretagne et en d’autres assemblées légalement délibérantes, associé de plusieurs Académies royales d’histoire, sciences et belles-lettres, commissaire de l’association paternelle des chevaliers de Saint-Louis et du mérite militaire pour le canton municipal de***, certifie que Pierre*** m’a toujours servi fidèlement et avec zèle, en foi de tout quoi j’ai délivré le présent avec apposition de l’empreinte du cachet de mes armes.
»Fait ce..., au château de***, commune dont feu mon père, aussi officier supérieur et chevalier de Saint-Louis, était, par longue dépendance et succession patrimoniale, seigneur paroissial et haut justicier au 4 août 1789, et dont je suis depuis plusieurs années doyen du conseil municipal, n’en ayant point accepté la mairie, que les règlements ne rendaient pas compatible avec ma place de chef d’une légion nationale par laquelle j’ai longtemps exercé un commandement à la fois régulier, paternel et fraternel, supprimé par les dernières ordonnances relatives à ce corps ou à cette arme.
»Le vicomte T. de R.»
En ce moment où les nouvelles routes et les tracés de chemins de fer entraînent de nombreuses expropriations,—il est assez curieux d’entendre les doléances des propriétaires dont les terrains sont écornés.
Voici quelques-uns de ces cris, partant de l’âme, que j’ai recueillis: