Voici, dans le même bouquin,—des phrases assez singulières:
«Les Parisiens, qui devraient s’indigner de se voir insensiblement constitués prisonniers et renverser cette muraille extravagante, ne font qu’en rire; elle leur sert de spectacle et de but de promenade; ils s’amusent à la voir croître par degrés.»
Remarquez qu’il ne s’agit ni des forts, ni de l’enceinte continue,—on veut parler de la muraille et des barrières de Paris, construites en 1780.
Le droit de visite, dont abuse si étrangement l’Angleterre et que tolère plus étrangement encore le gouvernement français,—est une question plus sérieuse qu’on ne pense.
J’ai été le premier à attaquer par le ridicule—les besoins que les journaux prêtaient au peuple,—la réforme électorale,—et autres marrons qu’on voulait lui faire tirer du feu;—mais ici ce n’est plus le cas de plaisanter:—le peuple français est orgueilleux,—cet orgueil est un arbre dont sortent deux branches:—l’une produit les vaudevilles,—où il écoute et applaudit avec fureur l’éloge de sa propre bravoure;—elle produit le rappel à l’ordre d’un député qui ose dire à la Chambre que les Français ont quelquefois été vaincus.
Mais l’autre donne pour fruits les traits d’héroïsme et de dévouement des guerres de la Révolution et de l’Empire,—et les belles actions qu’on a admirées dans les récentes campagnes d’Afrique.
C’est un arbre qu’il faut laisser debout.
Il ne faut pas attaquer les Français dans leur vanité.
Jusqu’au fond des boutiques et des campagnes, on voit des épiciers et des paysans humiliés, tristes, furieux,—des affaires du Marabout et de la Sénégambie.