Peut-être,—par suite de cette affaire,—quelques poëtes vont se faire coiffeurs,—et je n’y verrai pas grand mal;—mais je suis sûr que depuis huit jours les jeunes coiffeurs inoccupés ont fait plus de trois millions de vers.

Voici ce qui arrive à un peintre qui fait un portrait, sauf les nuances qu’apportent nécessairement la position sociale et l’éducation du modèle.

—Monsieur, suis-je bien ainsi?

—Madame, je ne saurais trop vous recommander de prendre une position naturelle.

—Mais, monsieur, je ne crois pas me maniérer.

—Ce n’est pas ce que je veux dire, madame; je veux simplement vous engager à prendre la pose qui vous est la plus habituelle; je ne puis peindre que ce que je vois, et il faut avant tout que la personne que l’on peint tâche de se ressembler à elle-même.

La femme considère cette observation comme non avenue: elle garde une pose prétentieuse et maniérée; elle lève les yeux au ciel, ou les ferme languissamment; elle serre les lèvres pour se rapetisser la bouche; elle est naturellement enjouée, elle prend un air majestueux.

Le peintre fait son esquisse.

—Dites-moi, monsieur, ne serais-je pas mieux ainsi?