—Comment! Est-ce que c’est Sa Majesté?...
—Non!—c’est M. Herpin.
—Eh bien! alors, comment se fait-il que ce soit S. M. Louis-Philippe qui reçoive les seize francs.
L’homme qui reçoit un soufflet—est en proie à deux impressions:—1º il est en colère et il veut se venger;—2º il songe qu’il a été convenu, je ne sais pourquoi ni comment,—qu’un homme qui a reçu un soufflet doit s’exposer, en outre, à recevoir un coup d’épée,—sans quoi il serait déshonoré.
Il serait possible que le souffleté fît le sacrifice de son impression nº 2,—s’il était parfaitement satisfait sur l’impression nº 1.
D’ailleurs, avec le raisonnement le plus vulgaire, il est évident que si l’on veut proscrire le duel—il faut punir avec plus de rigueur que le duel lui-même—une insulte qui rend le duel nécessaire pour l’insulté, sous peine de déshonneur.
Il faudrait qu’un homme qui donne un soufflet à un autre—fût traduit en cour d’assises—sous prévention de tentative d’homicide.
Vous ne le ferez pas.—Eh bien! vous ne proscrirez le duel—qu’entre gens qui ne se battraient pas,—même sans votre défense.
Il est vrai que, pour traduire l’insulteur en cour d’assises, cela entraînerait quelques frais; et, je vous l’ai dit, la justice n’a que quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois cent vingt-cinq francs à dépenser;—elle est forcée d’avoir de l’ordre.