Nous avons parlé récemment des divers cris que font entendre dans les journaux les maîtres de pension, à l’instar de ceux que font entendre dans les rues les marchands de salade et les marchands de cages, pour annoncer leurs marchandises.

En voici un qui mérite, entre tous, une mention honorable.

On trouve à la quatrième page de la plupart des carrés de papier,—se disant les organes de l’opinion publique, l’annonce que voici (un franc vingt-cinq centimes la ligne en nonpareille,—un franc cinquante centimes en mignonne):

«L’institution J. Dillon, faubourg Poissonnière, 105, a fait sa rentrée le 1er octobre.—Le directeur de cet établissement, jaloux de mériter de plus en plus la confiance publique,—s’est entouré d’hommes spéciaux

Voyons un peu,—monsieur J. Dillon,—je ne veux rien vous dire de désagréable,—mais il ressort de vos propres paroles une chose incontestable.

Vous vous êtes entouré d’hommes spéciaux pour mériter de plus en plus la confiance publique.

C’est-à-dire que vous aviez déjà obtenu cette confiance avant de vous être entouré d’hommes spéciaux.

C’est-à-dire que, l’année dernière, vous n’aviez pas, pour instruire vos élèves, songé à vous entourer d’hommes spéciaux.

C’est-à-dire que, pendant les vacances,—vous vous êtes dit: «Tiens! une idée. Je vais m’entourer d’hommes spéciaux;—c’est-à-dire—j’aurai, pour montrer les mathématiques, un mathématicien,—un latiniste pour enseigner le latin.»

C’est-à-dire que, l’année dernière,—vous aviez peut-être pour professeur de latin—un marchand de briquets phosphoriques;