Il y avait précisément neuf ans;—je revoyais la falaise contre laquelle la mer, en se brisant, m’avait emprisonné;—mais maintenant—je sais des abris et des chemins que les oiseaux ont appris aux pêcheurs et que les pêcheurs m’ont montrés;—d’ailleurs la mer n’est encore remontée qu’à moitié, et elle n’est pas en colère.
Nous marchons,—nous rencontrons un vieux pêcheur d’Étretat.
—Peut-on encore passer sous la porte d’Aval?
—Non, il y a au moins huit pieds d’eau.
—Alors, nous monterons par la Valleuse.
La Valleuse est un de ces chemins serpentant dans le roc, dont je parlais tout à l’heure. Ils ont le défaut d’être un peu étroits.—En touchant le roc d’une épaule,—on a la moitié du corps en dehors du chemin—et deux ou trois cents pieds au-dessous;—il faut s’y accoutumer.
—Vous connaissez le pays,—dit le pêcheur,—vous n’avez pas l’air embarrassés.
—Est-ce que vous ne nous reconnaissez pas? père Aubry, demanda Gatayes.
—Tiens, c’est M. Léon—et M. Alphonche.—Ah bien! je ne m’attendais guère à vous voir aujourd’hui.
Nous faisons route avec le père Aubry, qui nous donne des nouvelles de tout le monde.