Mais aujourd’hui—on en est venu,—par une hideuse lésine, à fermer aux deux tiers les tuyaux déjà insuffisants du gaz,—et il ne reste sur la place de la Révolution qu’une vingtaine de veilleuses vacillantes,—qui ne servent qu’à augmenter, par une morne scintillation, l’incertitude et les hésitations de l’obscurité.

De plus, attendu qu’il y a beaucoup de lanternes sur la place de la Concorde,—on n’allume pas, ou on n’allume qu’à moitié les lanternes des rues adjacentes.

Ceci nous paraît être fait dans l’intérêt d’autres voleurs encore—que les voleurs qui travaillent le soir dans les rues.

Deux de nos journalistes les plus spirituels—causaient dernièrement ensemble à l’Opéra.—L’un des deux est nouvellement marié, l’autre est depuis peu célibataire.

—Comment trouvez-vous votre nouvelle situation? demanda le premier.

—Mais, fort bonne... et vous, que dites-vous de la vôtre?

—Ah! mon bon ami, il n’y a que d’être marié, voyez-vous; je travaille et j’ai ma femme à côté de moi; à chaque alinéa, je l’embrasse,—c’est charmant!

—Ah! je comprends,—dit l’autre en s’inclinant vers la femme de son confrère, qui paraissait fort attentive au spectacle,—je comprends pourquoi votre style est maintenant si haché.

Le célibataire a raconté les confidences du nouveau marié.—Ceux auxquels il en a parlé les ont, à leur tour, racontées à d’autres,—et chaque lundi—on compte curieusement combien il y a d’alinéas dans le feuilleton de l’heureux époux.—Il s’établit à ce sujet les discussions les plus singulières pour ceux qui ne sont pas initiés.