Pendant le procès Hourdequin, le président, le procureur du roi et tous les avocats—ont fait des allusions plus ou moins directes—à ceci:

«La loi reconnaît coupable et punit le corrupteur comme le corrompu.—Pourquoi ceux qui ont corrompu les accusés ne sont-ils pas assis à côté d’eux et enveloppés dans la même accusation?»

Le président, le procureur du roi et les avocats avaient raison sur une des faces de la question.

Les gens qui avaient donné de l’argent aux employés de la ville doivent être divisés en deux classes.—Les uns sont des spéculateurs—qui donnaient à ces messieurs une partie de leurs bénéfices;—l’avidité et la corruption entraient dans leurs calculs:—ceux-là sont complices et devaient être jugés.—Les autres sont des propriétaires menacés dans leur fortune et persuadés avec raison qu’ils ne sauveraient une partie de leur patrimoine qu’en sacrifiant l’autre partie; ils ont fait la part du feu:—ceux-ci sont des victimes, ils devraient être indemnisés.

On n’a ni jugé les premiers ni indemnisé les seconds.

On m’envoie un livre belge qui explique suffisamment le besoin qu’éprouvent les libraires belges de n’imprimer que des livres français;—voici quelques échantillons des vers français de M. K. Kersch.

LE PARRICIDE.

Je suis un parricide,—un monstre dégoûtant,
Meurtrier de mon semblable,—un homme bien innocent.