«Pour ce qui est de l’eau de M. Souchon, c’est une autre affaire.—Certes, M. Mareschal, qui en fait son état, doit s’y connaître mieux que moi—qui ne m’en suis jamais occupé.—Je dois donc croire que M. Souchon filtre avec de la laine, qui est une infection.»—Croyez cela et buvez de l’eau, si vous l’osez.
Il y a à Paris une Académie des sciences,—qui, dans un débat de ce genre, devrait, il me semble, se prononcer.—Comment! la ville fait de grandes dépenses pour donner au Parisien de l’eau qu’elle fait filtrer par MM. Souchon et Mareschal, et on laisse chacun d’eux dire que l’autre ne filtre guère l’eau, mais l’empoisonne beaucoup,—sans que la ville ni l’Académie des sciences s’occupe d’établir la vérité et de rassurer le Parisien! Mais M. Humann n’est peut-être pas innocent de ceci:—il n’ose pas encore imposer l’eau;—il veut en inspirer une invincible horreur aux Parisiens—qui, n’osant plus en boire,—auront recours au vin—qui rapporte, comme on sait, raisonnablement au trésor.
Au moins, pour ce qui a rapport à la température bizarre que nous avons cet été, les savants n’ont pas laissé les journaux s’égarer en théories absurdes et en saugrenuités:—ils ont mêlé quelques niaiseries de leur cru à celles qui étaient en circulation.
Ils ont attribué le froid et la pluie,—les uns à l’approche des montagnes de glace du pôle nord,—les autres à la vapeur des chemins de fer, qui amoncelait les nuages;—d’autres ont dit que les neiges excessives ont rendu le soleil hydropique.
Cette fois-ci on ne dira pas que j’ai de la malveillance pour les journaux;—ce n’est pas moi qui ai prié M. Chambolle de mettre dans le sien ce qui suit.—MM. les imprimeurs des Guêpes peuvent certifier que le fragment que je cite n’est pas dans le manuscrit écrit de ma main, mais bien coupé dans un exemplaire du Siècle:
«La petite ville de Levignac (Haute-Garonne) a donné hier au soir dimanche des preuves de sympathie à la population toulousaine. Grand nombre D’HOMMES MARIÉS et une bonne partie de la jeunesse, à la tête desquels se trouvaient LES CITOYENS LES PLUS HONORABLES, munis de cornes et autres instruments, ont entonné la Marseillaise devant la halle, en face du lieu où étaient placardées les proclamations du nouveau préfet de la Haute-Garonne.
»Ils ont parcouru la ville, alternant les couplets de l’hymne révolutionnaire avec les ÉCLATS d’une musique PEU SONORE. Les cris: A bas Mahul! étaient proférés avec force et souvent répétés. Ils sont revenus plusieurs fois à l’endroit d’où ils étaient partis. Des groupes attendaient devant les proclamations, COUVERTES D’ORDURES depuis le moment où on les avait affichées. La soirée a été clôturée par l’incendie des proclamations, aux applaudissements de la foule.»