Mais—à l’époque où le duc d’Orléans épousa une princesse luthérienne,—tous les journaux de cette couleur jetèrent feu et flammes,—ils invoquèrent la religion du pays,—et peu s’en faillut que MM. Jay et Jouy ne prissent les croix des croisés.

CIGUE.—Autrefois, quand un homme s’élevait au-dessus de la foule—et excitait l’envie et la haine de ses concitoyens, il arrivait quelquefois qu’on l’exilait ou qu’on lui faisait boire la ciguë;—ce sort, dont il n’y a que des exemples peu nombreux,—est aujourd’hui non-seulement fréquent, mais inévitable.

Aussitôt qu’un homme se manifeste au public par quelque talent,—tout le monde se rue sur lui en fureur,—on le tire par les pieds et par les vêtements pour le remettre au niveau de la foule,—si toutefois on ne peut le renverser sous les pieds et l’écraser;—puis chaque jour, au moyen des journaux,—on lui fait boire quelques gorgées d’injures et de calomnies;—le public qui, sans s’en rendre bien compte,—n’est pas fâché de voir le grand homme amené aux proportions humaines,—croit alors tout ce qu’on lui raconte, sans examen et sans restriction.

CONFISCATION.—Il n’y a plus de confiscation;—seulement on peut condamner n’importe qui à des amendes et à des frais dépassant dix fois la valeur de ce qu’il possède,—et que la justice fait vendre. C’est absolument—comme l’abolition de la conscription, si heureusement remplacée par le recrutement;—c’est absolument comme ce mot qu’on a prêté à un roi: Plus de hallebardes.—En effet, le roi est escorté par des hommes armés de sabres et de carabines,—ce qui, du reste, est à peine suffisant.

Avril 1843.

A. M. Arago (François).—Le dieu Cheneau.—M. de Balza.—Quirinus. Un mot.—Une ordonnance du ministre de la guerre.—A M. le rédacteur en chef du journal l’Univers religieux.

A. M. ARAGO (François).—Je me proposais, monsieur, de vous taquiner un peu sur cette comète—que vous n’avez pas vue,—et qui me donnait beau jeu—pour dire une fois de plus à quoi s’exposent les astronomes qui s’occupent trop des choses de la terre. La Fontaine a gourmandé l’astrologue qui ne regarde pas assez à ses pieds;—je vous ai souvent reproché de regarder trop aux vôtres,—et d’être plus sensible à la fumée et au bruit de ce monde où nous sommes qu’il ne paraît convenir à un homme auquel la science permet de vivre au ciel.