La composition de l’arche sera cette fois soumise à des modifications;—il est parfaitement inutile d’y mettre un cheval,—espèce prochainement inutile et tombée en désuétude,—et dont le nom seul restera comme mesure de puissance pour exprimer la force des machines—en attendant que de nouveaux perfectionnements apportés à la vapeur et aux machines fassent éprouver le même sort à l’homme,—ce qui est déjà fort bien commencé en Angleterre et promet de s’établir en France.

En effet, qu’est-ce qu’un ouvrier aujourd’hui? une machine qui n’est pas même de la force d’un cheval, et qu’il faut alimenter avec du pain, avec du vin, avec de la viande,—tandis qu’on a de si bonnes machines qui ont la force de trois cents—de quatre cents, de mille chevaux, et qui ne mangent que de la tourbe!—L’homme avant peu deviendra un simple encombrement,—un préjugé.

Dieu, instruit par son premier déluge,—se gardera bien cette fois d’ordonner à la famille préservée de faire entrer dans l’arche un couple de tout ce qui existe.

Ce que, du reste, Noé ne fit pas autrefois, malgré l’ordre qu’il en avait reçu.

Ainsi que l’ont prouvé les savants qui ont retrouvé dans la terre des ossements d’animaux antédiluviens—qu’on n’a jamais vus vivants depuis le déluge,—ce qui prouve que Noé ne les avait pas fait entrer dans l’arche,—et il n’a pas l’excuse de les avoir oubliés par mégarde ou de ne pas les avoir vus,—attendu que quelques-uns de ces fossiles sont un peu plus grands que des éléphants.

Nous espérons pour les peuples de l’avenir que, dans ce nouveau déluge, plusieurs espèces aujourd’hui existantes seront perdues et supprimées;

Et qu’un jour viendra où on ne verra plus ces espèces que dans les musées et les cabinets d’histoire naturelle, à mesure qu’on les découvrira dans les couches de terre glaise;