Rendez-nous les pivoines, ces roses géantes,—dont la pluie a, cette année, dispersé les pétales de pourpre,—et reprenez-nous les pièces de théâtre de M. Empis, représentées par autorité de la liste civile.
Rendez-nous les iris dont le vent a brisé les tiges et déchiré les fleurs violettes, et reprenez-nous—M. Edmond Blanc,—cet intègre administrateur.
Rendez-nous notre mois de mai,—mon Dieu! Rendez-nous notre beau mois de mai,—et reprenez-nous quelques autres choses entre les plus précieuses que nous ayons.—Rendez-nous les glaïeuls aux fleurs roses et blanches, au port si gracieux, et reprenez-nous, si vous voulez, le dieu Cheneau avec son culte et ses boutons, avec son fil, ses aiguilles et son Évangile.
Rendez-nous ces belles juliennes aux rameaux blancs si parfumés le soir,—et reprenez-nous M. Cousin.
Rendez-nous nos beaux rhododendrons, et nos chèvrefeuilles;—et, s’il faut une rançon,—reprenez-nous, mon Dieu! M. Dosne, le grand financier dont la France est si fière.
Rendez-nous nos azalées—qui grimpent et tapissent les maisons dans les romans de M. de Balzac,—mais qui, ici, se contentent de se charger humblement, à trois pieds du sol,—de belles fleurs jaunes, rouges, roses ou blanches,—et, reprenez-nous, mon Dieu! M. Dupin et ses pasquinades sans courage.