RÉPONSE.—1º Je ne suis jamais allé dans le Midi.—Une seule fois, en allant en Suisse,—comme j’arrivais à Lyon au mois de mai, et que je voyais le printemps à gauche et l’hiver à droite,—j’eus fort envie de descendre le Rhône au lieu de me diriger vers Genève;—mais je me rappelai à temps que j’étais attendu.

2º Je ne dîne jamais en ville.

Néanmoins,—je remercie ledit monsieur—de me mettre à même de connaître d’aussi bonnes dispositions à mon égard de la part de quelques habitants du Midi,—et je compatis d’avance au chagrin qu’il aura quelque jour d’être reconnu par quelqu’un et chassé à coups de bâton,—comme il le mérite.

Votre absence de Paris vous fait le plus grand tort.

RÉPONSE.—Qu’appelez-vous mon absence de Paris?—Mon absence de Paris; mais voici une lettre de M. Léon Gozlan qui m’écrit: «J’ai vu hier votre barbe aux Variétés.»

En voici une de M. d’Épagny,—qui a la bonté de m’inviter à faire partie du comité de lecture du théâtre de l’Odéon.

Je ne suis pas toujours à Paris,—mais je ne suis pas toujours ailleurs.—On va vite à Paris à vol de guêpes, quand on n’en est qu’à seize heures par les messageries.—J’y suis aujourd’hui, plus près de vous que vous ne le croyez, que vous ne le voulez, peut-être. Je n’y serai pas demain;—mais savez-vous si je n’y serai pas après-demain?—m’avez-vous jamais connu autrement que libre et vagabond?—Croyez-vous que j’aie envie, comme une partie des bons Parisiens, de passer mon été à aller voir un dimanche les fortifications de Vincennes, un autre où en sont les fortifications de Belleville? Suis-je donc un forçat? pensez-vous que j’aie rompu mon ban parce que quelqu’un m’a vu pêcher des crevettes et des équilles sur les côtes de Normandie,—et croyez-vous que je ne sais plus ce qui se passe?

Est-ce vous,—messieurs Soult, Humann,—monsieur Martin (du Nord), etc., etc.; est-ce vous, messieurs, qui avez la bonté de craindre que mon absence de Paris ne m’empêche de savoir ce que vous faites?—Tranquillisez-vous, bonnes âmes,—je sais que vous êtes décidés à passer la session qui vient,—que vous n’êtes pas sûrs de la Chambre, et que, si l’adresse n’est pas favorable, vous êtes déterminés à la dissoudre et à faire des élections.