Malheureusement pour eux—les bourgeois n’ont pas compris leur situation: ils ressemblent à la chatte métamorphosée en femme, qui, en voyant une souris, se jeta à quatre pattes et la poursuivit sous le lit. Ils ressemblent à ce laquais enrichi par la banque de Law, qui, tandis qu’on lui ouvrait sa voiture, fut assez distrait pour monter derrière. Ils ressemblent à ce garçon de café devenu millionnaire, qui, lorsqu’il était surpris par un bruit de sonnette, ne pouvait s’empêcher de crier—voilà!
Ils se sont accoutumés pendant longtemps à attaquer la royauté.
Aussi ils ne peuvent s’empêcher de se mêler un peu par air et par habitude aux nouvelles attaques dont elle est l’objet.
Ils ne voient pas, les malheureux,—que c’est leur royauté à eux,—que c’est eux qu’on attaque,—que c’est eux qu’on détruit.
Louis-Philippe est un roi bourgeois et le roi des bourgeois.
Ils devraient se relayer autour de lui pour défendre de tout ce qu’ils ont de courage et de sang chacun des poils de sa barbe: car, s’ils le laissent renverser,—que dis-je? s’ils aident à le renverser, ils sont perdus à jamais, ils expieront leur usurpation grotesque et la mascarade et l’orgie à laquelle ils se livrent avec tant de confiance; leur puissance deviendra un rêve pour eux-mêmes, et leurs enfants refuseront d’y croire.
Le journal le National, du reste, a déclaré qu’il n’y a plus de bourgeois, qu’il n’y a plus de classes parmi nous.
La royauté se meurt;—la bourgeoisie se tue,—et les poëtes et les prosateurs vont disant partout: «C’est qu’il n’y a plus de croyances.»
Ne me laissez pas oublier, monsieur Augustin, de vous dire que ceci est une bêtise.