—Allons, pensa Lucien, que me veut encore ce vieillard obstiné? Si c’est un présent, je le refuse.

Il ouvrit la lettre; elle était d’Adèle.

«Mon ami, lui disait-elle, mon voyage durera toute la belle saison: je serai enchantée que vous vouliez bien accepter pour ce temps ma petite maison à la campagne. Croyez que je prends une part bien vive à tout ce qui vous arrive d’heureux; j’espère que votre mariage sera de ce nombre. Ne me refusez pas; vous me causeriez un vif chagrin.»

Lucien redescendit.

—Comment, dit-il au portier, comment avez-vous cru que le porteur de cette lettre était un domestique de mon oncle?

—Je l’ai bien reconnu, dit le portier, un grand brun avec un habit gris.

—Nullement, dit Lucien; le domestique de mon oncle est un petit vieillard, et sa livrée est bleue.

—Je ferai observer à monsieur que monsieur son oncle aurait alors plusieurs domestiques; car c’est bien celui-là qui a loué le logement qu’occupe monsieur; c’est lui qui a amené les meubles et a présidé à tous les arrangements.

Lucien resta immobile sur l’escalier. Une idée subite s’était emparée de son esprit:

—Ce domestique qui m’apporte une lettre d’Adèle est celui qui a loué le logement! Et mon oncle qui nie si formellement!...