Roger sortit brusquement de la loge; il parcourut tout le théâtre sans réussir à trouver la moindre place, et il fut obligé de rentrer.
On commençait le second acte. Il se réfugia dans la pensée de l’inconnue; il examinait attentivement les femmes blondes, qui ne sont pas rares en Normandie.
Une fois un visage lui parut convenir parfaitement à la femme qu’il aimait: cette femme paraissait prendre un vif intérêt à la pièce, et, à un moment qu’il fut applaudi, elle sembla émue et porta son mouchoir à ses yeux.
Mais, peu de temps après, elle se retourna et parla à un homme placé derrière elle, en appuyant la main sur son genou.
—Ce n’est pas elle, dit Roger; elle a trop de délicatesse dans le cœur pour être venue ici avec son mari.
»Et cependant, moi, je suis bien avec ma femme.
»Peut-être aussi est-elle au-dessus de moi, ou du même côté, de façon que nous ne pouvons nous voir.
»N’importe, elle est ici, nous sommes réunis dans un même lieu, dans une même pensée; ces applaudissements ont dû retentir dans son cœur.
»Maudit acteur! qui s’avise de bégayer un mot sur lequel je comptais.
Et, comme il se penchait en dehors pour mieux voir cette femme dont le visage l’avait frappé, Marthe se retourna et lui dit: