Les autres plantes grimpantes ont des manières particulières de s'élever, la vigne, la grenadille qui a l'air d'une croix de Saint Louis, la clématite aux petites fleurs parfumées, le pois de senteur avec ses papillons odorants s'accrochent par des vrilles élastiques en forme de tire-bouchons.
Le lierre monte tout droit en poussant de petites racines dans les arbres ou dans les fentes du mur.
C'est ainsi qu'agit le bignonia radicans; seulement, lui n'attache ainsi que son vieux bois, et laisse pendre les branches de l'année chargées de bouquets et de longues fleurs rouges en tuyaux.
Le jasmin aux étoiles d'argent appuie ses nouvelles pousses sur ses vieilles branches.
Ainsi fait la morelle qui laisse succéder à des bouquets de fleurs violettes, des girandoles magnifiques d'émeraudes ou de corail (je dis corail faute d'une pierre aussi éclatante que les baies de la morelle), selon le degré de maturité de son fruit.
La ronce et la pervenche grimpent par la seule force de la sève, retombent quand elles arrivent à une certaine hauteur, reprennent aussitôt racine par le point où elles touchent la terre, et s'élancent avec une vigueur toute nouvelle.
Dans une de mes lettres précédentes, mon ami, à propos des couleurs, je demandais s'il était un savant qui pût dire quelle était précisément la couleur de la pourpre des anciens.
Le hasard m'a fait tomber ce matin sur un passage de Pline, qui dit que la fleur de l'amaranthe est d'un plus beau pourpre que tout ce que peuvent faire les teinturiers.
Malheureusement l'amaranthe est une fleur qui joue beaucoup; il y en a de tous les rouges carminés depuis le rose jusqu'au violet, il y en a de blanchâtres et de jaunes. Si Pline avait choisi pour terme de comparaison une fleur à couleur fixe, nous saurions à quoi nous en tenir.
Cela me rappelle que Virgile, au livre IV des Géorgiques, dit que le safran est rouge: