fe, ge, he, je, le, me, ne, re, se, ve, xe, ze.

Cette méthode, qui n’est mise en pratique que depuis peu de temps, rend l’épellation un peu moins difficile; et, en effet, bien que nous ayons, et avec tant de peine! appris à lire, prononcerions-nous sans hésiter les mots qu’on nous a fait ainsi épeler:

erre e pé u té a té i o enneréputation
a i elle elle e u erre esseailleurs
dé a u pé ache i ennedauphin
qu u i cé o enne qu u equiconque
pé ache a esse ephase

Dans cette quatrième édition, la suppression du t final au pluriel des mots (substantifs ou adjectifs) terminés en ant et ent fut maintenue, et l’Académie continua à écrire, contrairement aux deux premières éditions: les enfans, les passans, les élémens, les parens.

C’est aussi dans cette édition que l’Académie indiqua, d’une manière bien plus complète qu’elle ne l’avait fait dans la précédente, l’orthographe des temps des verbes dont elle donna le modèle de conjugaison; ainsi au mot voir on lit: je VOI ou je VOIS, il voit, nous voyons, vous voyez, ils voyent; je voyois, etc. Il est regrettable que l’indication de cette double forme de la première personne du présent de l’indicatif ne se trouve pas reproduite dans le Dictionnaire aux autres mots, tenir, venir, vaincre, connaître, etc., ce qui aurait laissé aux poëtes la liberté d’employer l’une ou l’autre forme, comme l’a fait si souvent Corneille pour je tien, je vien, je voi, je vinc, je cognoi[18]. Cette orthographe, conforme à la conjugaison latine, video, -es, -et, permet de distinguer la première personne de la deuxième du présent de l’indicatif, je vien, tu viens, il vient, et cela d’accord avec le vieux français et les anciennes grammaires françaises, celles des Estienne entre autres, où l’s n’existe pas à la première personne du singulier du présent de l’indicatif de nos verbes.

[18] On en trouve des exemples dans La Fontaine, Racine, Molière et même dans Voltaire:

La mort a respecté ces jours que je te doi,

Pour me donner le temps de m’acquitter vers toi.

(Alzire, II, 2.)

Je trouve aussi quelquefois dans sa correspondance pui-je.