[236] Toutes les éditions portent, «en vos grottes profondes.»
[237] Fouquet fut arrêté en 1661. L’élégie ne parut dans les Recueils publiés par la Fontaine qu’en 1671. Cependant on la trouve imprimée dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes, tant en prose qu’en vers, in-18, Cologne, 1667, t. II, p. 195, sous le titre d’Élégie pour le malheureux Oronte. Mais, ajoute Walckenaer, «il est probable que la Fontaine fit d’abord imprimer cette pièce séparément et sur une feuille volante comme il a fait pour beaucoup d’autres de ses ouvrages.» (Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine, t. I, p. 100.) Ce que présumait Walckenaer se trouve donc réalisé par la présence de cet exemplaire.
Bossuet, dans son manuscrit des Sermons (t. II, p. 261, Bibl. Imp.), écrit de sa main:
«Sa vangeance nous poursuiura a la vie et a la mort et ny en ce monde ny en l’autre iamais elle ne nous laissera aucun repos. Ainsi n’atandons pas lheure de la mort pour pardonner à nos ennemis, mais plustost pratiquons ce que dit l’apostre, que le soleil ne se couche pas sur vostre colere (ce cœur tandre, ce cœur paternel), l’apostre ne peut comprendre qu’un chrestien, enfant de paix, puisse dormir d’un sommeil tranquille ayant le cœur ulcéré et aigri contre son frère, ni qu’il puisse gouster du repos uoulant du mal a son prochain dont Dieu prend en main la querelle et les interests. Mes frères, le iour decline, le soleil est sur son panchant, lapostre ne nous donne guere de loisir et uous nauez plus guere de tems pour lui obéir; ne differons pas dauantage une œuvre si necessaire, hastons-nous de donner a Dieu nos ressentimens: le iour de la mort sur lequel on reiette toutes les affaires du salut n’en aura que trop de pressées; commancons de bonne heure a nous preparer les graces qui nous seront necessaires en ce dernier iour et en pardonnant sans delai asseurons-nous leternelle misericorde du Père, du Fils et du Saint-Esprit.»
J’ajouterai ici aux exemples cités précédemment p. 54, p. 55 et 73, les caractères suivants de son écriture. Souvent il supprime les doubles lettres; ainsi, dans le début du Sermon de la Pénitence au temps du Jubilé, on lit dans son manuscrit: «Quelle merveilleuse nouvelle nous aprenons aujourd’hui,» et p. 4 et 5, aprenons, et aprendre, p. 92. Il écrit aussi atendre, abatre, atantif, flater, froter. Ailleurs il écrit une tandre éducation, p. 99; il écrit aussi sepulcre sans h, p. 27 des Sermons. Voyez pour son opinion au sujet de l’orthographe, plus haut p. [130] et suiv.
Racine et Boileau.
A Mgr le maréchal de Luxembourg.—Félicitations sur la victoire de Fleurus.
«Au milieu des louanges et des complimens que vous receués de tous costés pour le grand seruice que vous venés de rendre à la France, trouués bon, Monseigneur, qu’on vous remercie aussi du grand bien que vous aués faict à l’Histoire, et du soin que vous prenés de l’enrichir. Personne jusqu’ici n’y a trauaillé avec plus de succez que vous, et la bataille que vous venés de gagner fera sans doute un de ses plus magnifiques ornemens. Jamais il n’y en eut de si propre à estre racontée, et tout s’y rencontre à la fois, la grandeur de la querele, l’animosité des deux partis, l’audace et la multitude des combattans, une résistance de plus de six heures, un carnage horrible, et enfin une déroute entière des ennemis. Jugés donc quel agrément c’est pour des historiens d’avoir de telles choses à escrire, surtout quand ces historiens peuuent esperer d’en apprendre de vostre bouche mesme le detail. C’est de quoi nous osons nous flatter. Mais, laissant là l’Histoire à part, serieusement, Monseigneur, il n’y a point de gens qui soient si veritablement touchés que nous de l’heureuse victoire que vous aués remportée; car, sans conter l’interest general que nous y prenons avec tout le royaume, figurés vous quelle est notre joie d’entendre publier partout que nos affaires sont restablies, toutes les mesures des ennemis rompues, la France, pour ainsi dire, sauuée, et de songer que le heros qui a faict tous ces miracles est ce mesme homme d’un commerce si agréable, qui nous honore de son amitié, et qui nous donna à disner le jour que le Roi lui donna le commandement de ses armées.
«Nous sommes avec un profond respect, Monseigneur,
«Vos très-humbles et très-obéissant serviteurs,
Racine, Despréaux.