* Jean Salomon s’est, dans le cours de la même année 1533, servi du ç dans une dissertation intitulée: Briefue doctrine pour deuement escripre selon la propriete du langage francoys, reliée dans l’exemplaire de la Bibl. imp. du Miroir de l’ame pecheresse de Marguerite de Navarre, édition sans lieu, sans date et sans nom d’imprimeur. Voir Geofroy Tory, par M. Auguste Bernard, 2e édition, Paris, Tross, 1865, in-8o, p. 374.
* Tresvtile. Et. cõ | pendieulx Traicte de lart et science dorto | graphie Gallicane | dedans lequel sont com | prinses plusieurs choses necessaires | curieuses | nouvelles | et dignes de scauoir | non veues au | parauant. Auec une petite introdouction pour | congnoistre a lire le chiffre. (A la fin:) Imprime a Paris pour Jehã Saĩt denis | libraire demourãt a Paris, etc. (s. d.), pet. in-8, goth. de 18 ff. (Cet opuscule commence par une épître à Jacques Daoust, bailly d’Abbeuille, pièce datée de cette ville, le XXII de septembre. Mil cinq centz vingt neuf.)
Il m’a été impossible de me procurer ce livre introuvable, qui est le premier traité de l’orthographe, ou plutôt, comme dit logiquement l’auteur lui-même, de l’Ortographie française, écrit en français. Le seul exemplaire connu a figuré à la vente Veinant.
Gilles du Wès (ou Dewes, ou du Guez). An Introductorie for to lerne, to rede, to pronounce and to speke french trewly, compyled for the right high, exellent and most vertuous lady the lady Mary of Englande, doughter to our most gracious soverayn lorde kyng Henry the eight. (A la fin:) Printed at London by Thomas Godfray (vers 1527), in-4, goth.
Les deux premiers ouvrages de quelque importance sur notre orthographe sont sortis de la cour des rois d’Angleterre, qui déjà, trois siècles et demi auparavant, avaient été les mécènes des auteurs des premiers poëmes de la Table ronde rédigés en français.
L’auteur de cette grammaire, qui s’est nommé dans un acrostiche, rédigea son ouvrage vers 1527, et il l’a dédié à la princesse Marie, fille de Henri VIII, alors âgée de douze ans et devenue plus tard Marie la Sanglante. Il emploie quelques accents pour faciliter la prononciation, et il les marque sous les voyelles et non au-dessus. Voici un spécimen de son orthographe, tiré d’une pièce de vers adressée à sa royale élève pour s’excuser de ne pouvoir continuer ses leçons à cause de la goutte qui le tourmente:
«A uous, tressouueraine maistresse,
jenvoy ces uerse, uoullant sinifiér
ma grand doulleur et que plus mopresse
ne uous pouoir seruir et enseygnér