Belle-Rose frémit de la tête aux pieds.
—Laissons cela, continua M. d'Assonville avec un triste sourire; je suis mort; qu'importe par qui et pourquoi je suis tué! D'autres pensées m'assiègent et mon esprit se trouble. Écoute, avant que je meure; après, venge-moi si tu veux.
Belle-Rose prit la main de M. d'Assonville et la serra.
—Me promets-tu d'accomplir toutes mes volontés dernières?
—Je vous le jure.
—J'y compte. M. de Nancrais, mon frère, est possesseur d'une lettre à ton adresse. Je la lui ai remise en quittant l'armée. J'avais eu connaissance de ton duel et de ta disparition, mais je te savais innocent: ma conscience me répondait de toi. Il reviendra, me disais-je, et ce que je le charge de faire, il le fera… Tu vois que je ne me suis pas trompé.
Un accès de toux arrêta M. d'Assonville; il porta un mouchoir à ses lèvres, et le retira humide d'une écume sanglante. Sa tête se renversa sur les coussins empilés.
—Mon Dieu! vous vous tuez! s'écria Belle-Rose.
—M. de Villebrais m'y aide bien un peu, répondit le capitaine avec un sourire.
—Remettez le reste de vos confidences à demain; demain vous serez plus calme.