Conrad avait tout entendu. A ces derniers mots, il s'approcha.

—La personne qui vous attend, dit-il en s'adressant à Belle-Rose, m'a fort recommandé de vous amener seul.

La Déroute intervint brusquement.

—Mon ami, dit-il au Lorrain, la personne qui t'envoie ne sait pas que mon cheval est un animal surprenant pour l'amitié. S'il restait seul au logis, il se casserait la tête d'un coup de pied; c'est un meurtre que tu ne voudrais pas avoir sur la conscience. Marche, on te suit.

Conrad réfléchit qu'une plus longue insistance pourrait éveiller des soupçons; ce n'étaient, après tout, que deux hommes contre dix.

—Ce sera l'affaire d'un coup de pistolet de plus, se dit-il, et il se mit en devoir de partir.

Au moment de s'éloigner, la Déroute appela un caporal qui passait par là.

—Eh! Grippard! lui dit-il, viens t'asseoir ici, et garde la maison. Si M. de Nancrais ou toute autre personne nous venait demander, assure-les que nous serons promptement de retour. Nous allons… Où allons-nous? reprit-il en se tournant du côté de Conrad.

—A Morlanwels, dit Conrad, qui ne pouvait s'empêcher de répondre à la question.

—Tu as entendu? continua la Déroute en s'adressant à Grippard.