—Volontiers; quand je les perdis de vue, ils prenaient le chemin de l'abbaye de Saint-Georges, près de Bergueneuse, et ne peuvent pas être à plus d'une lieue d'ici.

Sur l'ordre du capitaine, on fournit à Jacques un habit, un chapeau, un sabre et des pistolets.

—As-tu jamais manié ces joujoux-là? reprit l'officier.

—Vous en jugerez, mon capitaine, si nous rencontrons les bandits qui m'ont pillé.

—Va donc!

Jacques se plaça à la tête de la troupe, qui se composait de deux cents cavaliers à peu près portant en croupe autant de grenadiers. Elle venait d'être détachée de la garnison de Saint-Pol, pour repousser les maraudeurs de l'armée espagnole signalés par les éclaireurs.

L'officier trottait à côté de Jacques.

—Tu manies ton cheval comme un vieux soldat, lui dit-il au bout de cinq minutes. Où donc as-tu appris l'équitation?

—Chez mon père, à Saint-Omer.

—Ah! tu es de Saint-Omer? alors tu as peut-être connu un brave fauconnier nommé Guillaume Grinedal?