—C'est ton affaire. Tu connais le régime de ma compagnie, te plaît-il toujours d'y entrer?

—Oui, capitaine.

—M. d'Assonville me parle de toi comme d'un garçon déterminé. Tu as vu le feu, dit-il, et tu t'y es bien conduit.

—J'ai fait mon devoir.

—C'est bien. A partir d'aujourd'hui, tu es soldat dans ma compagnie; souviens-toi de suivre toujours la ligne droite, et ne m'oblige pas à te punir; je le ferai sans pitié, d'autant plus que m'étant recommandé par mon frère, je veux que tu sois digne de sa protection. Le nom de ton père m'engage d'ailleurs à redoubler de sévérité à ton égard; je prétends lui prouver que tu mérites d'être son fils.

Jacques s'apprêtait à répondre; M. de Nancrais l'arrêta d'un geste.

—Tu t'appelles Jacques! continua-t-il.

—Oui, capitaine.

—C'est un nom de bourgeois: il n'en faut pas au régiment. Tu t'appelleras…

—Comme vous voudrez.