—Je ne crois pas, monseigneur, dit Belle-Rose froidement.
—Avez-vous perdu la mémoire, et faut-il que je vous rappelle le compte que nous avons à régler ensemble?
—Il serait plus à propos, je crois, de parler de l'affaire qui me ramène. Ne vous a-t-on pas dit, monseigneur, que je venais de la part de Sa Majesté le roi?
M. de Louvois fronça le sourcil.
—Le roi est en Hollande, monsieur, répliqua-t-il.
—J'en arrive, monseigneur, et voici les dépêches que Sa Majesté a bien voulu me confier.
Belle-Rose tira le paquet de sa poche et le tendit au ministre. M. de Louvois, tout étonné, le prit sans répondre et l'ouvrit. M. de Charny se tenait debout dans l'embrasure d'une fenêtre, attentif et silencieux. A la lecture de la dépêche qui lui annonçait le passage du Rhin, l'homme fit place au ministre. M. de Louvois se leva le visage radieux.
—La Hollande est ouverte! s'écria-t-il, dix villes conquises et le Rhin franchi en un mois! Il faudra bien que la république soit effacée du rang des nations.
—Vous étiez à ce passage, monsieur? reprit-il en s'adressant à
Belle-Rose.
—Oui, monseigneur.