A partir de ce moment, ses respects redoublèrent pour un personnage qui connaissait des vicomtes, recevait des lettres scellées d'un grand sceau de cire rouge et payait en or. Chaque soir, Belle-Rose lui demandait si personne n'était venu.

—Personne, répondait le bonhomme, et dans la crainte que quelqu'un ne vînt en son absence, M. Mériset restait assis dans un petit salon, près de la porte, du matin au soir.

Le troisième jour, M. Mériset, du plus loin qu'il aperçut Belle-Rose, courut à lui. Depuis une heure ou deux les habitants de la rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice avaient vu M. Mériset se promenant devant sa porte et tirant sa montre à toute minute. L'honnête hôtelier aborda Belle-Rose le bonnet à la main, avec un petit air à la fois mystérieux et charmé.

—Eh bien! monsieur Belle-Rose? dit-il.

—Eh bien! monsieur Mériset?

—Quelqu'un est venu!

—Ah! ah! quelqu'un ou quelqu'une?

—Un jeune seigneur fort richement habillé, ma foi; la moustache retroussée, le nez pointu, maigre mais leste, et d'une tournure distinguée.

—Il a demandé après moi?

—Certes oui, sans saluer, comme un gentilhomme.—Bonhomme, m'a-t-il dit, Belle-Rose est-il là?—Non, monseigneur, ai-je répondu, debout et le chapeau à la main. A son air dégagé, j'ai compris tout de suite que j'avais affaire à un seigneur de la cour.—Au diable! a-t-il repris. Tu lui diras que j'ai à le voir. Je l'attendrai demain.