Je l'interrogeai du regard.
—Vous verrez, reprit-il. Et tout ce que vous pouviez rêver de pire sera dépassé.
Il soupira, et se mettant à marcher:
—Vous n'êtes pas blessé au moins?
—Non, pas une égratignure, rien.
—C'est une chance! que de braves gens qui sont morts depuis que je ne vous ai vu! Sedan, après Reichshoffen! notre régiment est en poudre. Vous savez, tous ceux que vous avez vus près du colonel il y a quinze ou vingt jours, tous morts… morts ou disparus!… Il était devenu très-pâle.
—Vous n'avez besoin de rien? reprit-il brusquement.
—Non, merci, commandant.
—Au reste, nous n'allons pas nous quitter de quelques jours; si je puis vous être bon à quelque chose, disposez de moi.
Je le remerciai et il s'éloigna lentement, jetant çà et là des regards sur la bande vêtue de vêtements en loques qui avait été un régiment.