[Note 155: ][(retour) ] Mimine decere Attilam fœdera transgredientem Romanorum regionem invadere; et autea quidem ad eum plures, nunc vero decem et septem transfugas mittere: nec enim plures apud se esse. Et hæc quidem litteris continehantur. Prisc., Exc., leg., p. 39.

[Note 156: ][(retour) ] Coram autem, Maximinum suis verbis jusserat Attilæ dicere, ne postularet majoris dignitatis viros ad se legatos transire. Hoc enim neque ipsius majoribus datum esse, neque cæteris Scythiæ regibus, sed quemlibet militem aut alium nuntium legationis munus obiisse. Prisc., ub. sup.

[Note 157: ][(retour) ] Cæterum ad ea, quæ inter ipsos in dubietate versabantur, dijudicanda sibi videri, Onegesium mitti debere. Id., ibid.

[Note 158: ][(retour) ] In hac legatione Maximinus precibus mihi persuasit, ut illi comes essem. Prisc., Exc., leg., p. 39.

Édécon et Maximin quittèrent en même temps Constantinople; les deux ambassades, marchant de conserve, devaient se guider et s'assister mutuellement: les Romains sur les terres de l'empire, les Huns au delà du Danube. Maximin faisait les honneurs du convoi en homme de cour consommé; il avait des présents pour ses hôtes barbares, et de temps en temps il les invitait à dîner ainsi que leur suite. Les dîners se composaient de bœufs ou de moutons fournis par les habitants, abattus, dépecés, accommodés par les serviteurs de l'ambassade[159]. A Sardique, où les voyageurs séjournèrent, Maximin put se convaincre que la réponse de la chancellerie impériale au sujet de cette ville ne disait rien de trop, car il n'y put trouver un toit pour s'abriter; il planta ses tentes au milieu des ruines, comme s'il eût été au désert. Pendant le dîner, la conversation, animée par le vin, tomba sur le gouvernement des Huns comparé à celui des Romains; chacun vantait à qui mieux mieux l'excellence de son souverain, les Huns parlant avec exaltation d'Attila, les Romains soutenant Théodose, quand Vigilas fit aigrement remarquer qu'il n'y avait pas justice à comparer un homme avec un dieu[160]: le dieu, dans sa pensée, c'était Théodose. Ce propos impertinent souleva une vraie tempête: les Huns criaient, se démenaient, paraissaient hors d'eux-mêmes, et Maximin eut besoin de toute son habileté, aidée de toute celle de Priscus, pour ramener le calme en détournant la conversation[161]. Dans le désir de sceller une paix complète, l'ambassadeur, après dîner, emmena avec lui sous sa tente ses deux hôtes principaux, et fit don à chacun d'un beau vêtement de soie brochée, garni de perles de l'Inde[162]. Oreste était ravi; tout en contemplant son lot, il semblait épier du regard la sortie d'Édécon, et, sitôt qu'il le vit parti, il dit à Maximin: «Je vous reconnais pour un homme juste et sage, plus sage que certains autres ministres de l'empereur qui ont méprisé Oreste en invitant Édécon seul à souper, et n'ayant de cadeaux que pour lui[163].» Ce que voulait dire le secrétaire d'Attila, Maximin l'ignorait, car il n'était au courant d'aucune des circonstances qui avaient précédé sa nomination, et, comme il s'enquérait où et comment l'un avait été honoré et l'autre dédaigné, Oreste n'ajouta pas un mot et sortit. Le lendemain, pendant la route, l'ambassadeur fit approcher Vigilas, et lui demanda l'explication des paroles qu'il avait entendues la veille: celui-ci, éludant la question, répondit qu'Oreste, qui après tout n'était qu'un scribe et un valet, montrait une susceptibilité ridicule vis-à-vis d'un guerrier illustre, d'un noble Hun tel qu'Édécon[164]; puis, poussant son cheval vers ce dernier, il l'interpella en langue hunnique, et causa longtemps avec lui. Édécon paraissait troublé et parlait avec animation[165]. Vigilas rapporta de ce colloque ce qu'il voulut; il dit à Maximin que les prétentions insolentes du secrétaire d'Attila avaient mis le noble Hun en un tel courroux, que lui, Vigilas, avait eu grand'peine à le contenir.

[Note 159: ][(retour) ] Bobus igitur et ovibus, quos incolæ nobis suppeditaverant, jugulatis, instructo convivio epulati sumus. Prisc., ibid.

[Note 160: ][(retour) ] Ad quæ Vigilas dixit, minime justum esse, Deum cum homine comparare, hominem Attilam, deum Theodosium vocans. Prisc., Exc., leg., p. 39, 40.

[Note 161: ][(retour) ] Id ægre tulerunt Hunni, et sensim ira accensi exasperabantur. Nos vero aliò sermonem detorquere, et corum iram blandis verbis lenire. Prisc., ibid.

[Note 162: ][(retour) ] A cœna ut surreximus, Maximinus Edeconem et Orestem donis conciliaturus, sericis vestibus et gemmis indicis donavit. Prisc., l. c.

[Note 163: ][(retour) ] Sibi quidem, ait, illum probum et prudentem videri, qui non ut alii ministri regii peccasset: etenim nonnulli, spreto Oreste, Edeconem ad cœnam invitaverant et donis coluerant. Prisc., Exc., leg., p. 40.