[Note 283: ][(retour) ] Zosim, liv. vi, p. 826.--Procop. Bell. vand.

[Note 284: ][(retour) ] On peut consulter sur les bagaudes et la bagaudie ce que j'en dis dans le 3e volume de l'Histoire de la Gaule sous l'administration romaine, c. 1, p. 19 et suiv.

[Note 285: ][(retour) ]

Factio servilis pancorum mixta furori,

Insano junvenum... licet ingenuorum,

Armata in cædem specialem nobilitatis.


Paulin, Eucharist.--Ap. D. Bouq., t. i, p. 773.

[Note 286: ][(retour) ] Eudoxius arte medicus, pravi sed exercitati ingenii, in bagauda id temporis mota delatus, ad Chunnos confugit. Prosp. Tyron., Chron., ad ann. 448.

Deux événements, l'un heureux, l'autre malheureux, augmentèrent le malaise des esprits, en ajoutant au trouble des maux prévus les chances imprévues d'une révolution de palais. Théodose mourut, le 28 juillet 450, d'une chute de cheval, et trois mois après ce fut le tour de Placidie, qui continuait à gouverner l'empire d'Occident pour son fils Valentinien III, alors âgé de trente et un ans[287]. La mort de Théodose, suivie de l'exécution de Chrysaphius, fut un grand bien pour l'Orient; mais celle de Placidie, en émancipant Valentinien, attira sur l'Occident des désastres sans remède. Suivant son habitude de faire marcher la politique avant les armes, Attila voulut sonder les nouveaux princes, et il commença par celui d'Orient. Comme il n'avait plus à demander la tête de Chrysaphius, que se disputait la populace de Constantinople, il réclama simplement le tribut consenti par Théodose: mais le nouvel empereur, nommé Marcien, vieux soldat illyrien de la race énergique des Probus et des Claude, répondit qu'il avait de l'or pour ses amis et du fer pour ses ennemis[288]. Cette réponse, appuyée par des levées de troupes et par de bonnes mesures de défense, arrêta court Attila, qui tourna ses regards du côté de l'Occident.

[Note 287: ][(retour) ] Voir au sujet de Placidie et de Valentinien III le morceau publié sous le titre de: Aëtius et Bonifacius (Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1851).

[Note 288: ][(retour) ] Quiescenti munera largiturum, bellum minanti viros et arma objecturum. Prisc., Exc. leg., p. 39.

De ce côté, il pouvait employer une arme terrible qu'il tenait en réserve depuis quinze années, attendant patiemment que l'occasion vînt de s'en servir, et après le décès de Placidie il crut cette occasion venue. Il y avait en effet quinze ou seize ans que la propre sœur de Valentinien III, Honoria, fille de Placidie et petite-fille du grand Théodose, dans un accès de folie romanesque ou de vengeance contre sa famille, qui la condamnait au célibat, avait envoyé un anneau de fiançailles au fils de Moundzoukh, monté récemment sur le trône des Huns[289]. Attila, comme tous les Orientaux, n'aimait que les femmes retenues et modestes: il laissa la proposition d'Honoria sans réponse, mais il garda son anneau. Celle-ci, irritée de ce dédain ou peu constante dans ses goûts, ourdit avec son intendant Eugénius une intrigue plus sérieuse dont le scandale la perdit. Sa mère la fit enfermer d'abord à Constantinople, puis à Ravenne. Les années s'écoulèrent, et jamais le roi hun, dans ses relations fréquentes avec l'empire d'Occident, n'avait paru se souvenir qu'il y possédât une fiancée; jamais il n'avait fait la moindre allusion à des droits sur Honoria ou sur sa dot, lorsque tout à coup Valentinien reçut de lui un message par lequel il réclamait l'une et l'autre. Il venait d'apprendre avec grande surprise, disait-il, que sa fiancée Honoria subissait à cause de lui des traitements ignominieux, et qu'on la détenait même en prison. Ne voyant pas que le choix qu'elle avait fait eût rien de déshonorant pour l'empereur, il exigeait d'abord sa mise en liberté, puis la restitution de la part qui lui revenait dans l'héritage de son père[290]. Cette part, suivant lui, c'était la moitié des biens personnels du dernier auguste Constancius et la moitié de l'empire d'Occident.

[Note 289: ][(retour) ] Voir le morceau sur Aëtius et Bonifacius (Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1851.)

[Note 290: ][(retour) ] Honoriam nihil se indignum admisisse, cum matrimonium secum contracturam spopondisset... Se enim factam ipsi injuriam ulturum, nisi etiam imperium obtineat. Prisc., Exc. leg., p. 39.