[Note 392: ][(retour) ] Collocantes in medio Sangibanum, quem superius retulimus præfuisse Alanis, providentes cautione militari, ut eum, de cujus animo minus præsumebant, fidelium turba concluderent. Jorn. R. Get., 38.

[Note 393: ][(retour) ] Erat autem positio loci declivi tumore, in modum collis exerescens, quem uterque cupiens exercitus obtinere, quia loci opportunitas non parvum beneficium conferret, dextram partem Hunni cum suis, sinistram Romani, et Vesegothæ cum auxiliariis occuparunt. Jorn., ibid.

«Après tant de victoires remportées sur tant de nations, et au point où nous en sommes de la conquête du monde, je ferais, à mes propres yeux, un acte inepte et ridicule en venant vous aiguillonner par des paroles, comme si vous ne saviez pas ce que c'est que de se battre. Laissons ces précautions à un général tout neuf ou à des soldats sans expérience[394]: elles ne sont dignes ni de vous ni de moi. En effet, quelles sont vos habitudes, sinon celles de la guerre? Et qu'y a-t-il de plus doux pour les braves que de chercher la vengeance les armes à la main? Oh! oui, c'est un grand bienfait de la nature que de se rassasier le cœur de vengeance[395]!... Attaquons donc vivement l'ennemi: c'est toujours le plus résolu qui attaque[396]. Méprisez ce ramas de nations différentes qui ne s'accordent point: on montre sa peur au grand jour, quand on compte, pour sa défense, sur un appui étranger. Aussi voyez, même avant l'attaque, la frayeur les emporte déjà: ils veulent gagner les hauteurs; ils se hâtent d'occuper des lieux élevés, qui ne les garantiront point, et bientôt ils reviendront demander, sans plus de succès, leur sûreté à la plaine. Nous savons tous avec quelle faiblesse les Romains supportent le poids de leurs armes; je ne dis pas la première blessure, mais la poussière seule les accable[397]. Tandis qu'ils se réunissent en masses immobiles pour former leurs tortues de boucliers, méprisez-les et passez outre; courez sus aux Alains, abattez-vous sur les Visigoths[398]: c'est sur le point où se concentrent les forces du combat que nous devons chercher une prompte victoire. Si les nerfs sont coupés, les membres tombent, et un corps ne peut se tenir debout quand les os lui sont arrachés[399].

[Note 394: ][(retour) ] Quærat hoc aut novus ductor aut inexpertus exercitus. Jorn. R. Get., 39.

[Note 395: ][(retour) ] Quid forti suavius, quam vindictam manu quærere? Magnum munus a natura, animum ultione satiare. Jorn. R. Get., 39.

[Note 396: ][(retour) ] Audaciores sunt semper, qui inferunt bellum. Jorn., ibid.

[Note 397: ][(retour) ] Nota vobis sunt, quam sint levia Romanorum arma, primo etiam non dico vulnere, sed ipso pulvere gravantur. Jorn., R. Get., ut. sup.

[Note 398: ][(retour) ] Alanos invadite, in Vesegothas incumbite. Jorn., R. Get., loc. laud.

[Note 399: ][(retour) ] Abscisa autem nervis mox membra relabuntur, nec potest stare corpus, cui ossa subtraxeris. Jorn., ibid.

Élevez donc vos courages et déployez votre furie habituelle. Comme Huns, prouvez votre résolution, prouvez la bonté de vos armes: que le blessé cherche la mort de son adversaire: que l'homme sain se rassasie du carnage de l'ennemi: celui qui est destiné à vivre n'est atteint par aucun trait; celui qui doit mourir rencontre son destin, même dans le repos[400]. Enfin pourquoi la fortune aurait-elle rendu les Huns vainqueurs de tant de nations, sinon pour les préparer aux joies de cette bataille[401]? Pourquoi aurait-elle ouvert à nos ancêtres le chemin du marais Méotide, inconnu et fermé pendant tant de siècles? L'événement ne me trompe point: c'est ici le champ de bataille que tant de prospérités nous avaient promis, et cette multitude rassemblée au hasard ne soutiendra pas un moment l'aspect des Huns. Je lancerai le premier javelot sur l'ennemi; si quelqu'un peut rester tranquille quand Attila combat, il est déjà mort[402]