Niebelung., v. 7735.

[Note 559: ][(retour) ]

Da sprach von Tronege Hagen: Ihr edelen Ritter gut,
Wen der Durst nun zwinge, der trinke hie das Blut;
Das ist in solchen Nothen noch beszer danne Wein.

Ibid., v. 8549, et seqq.

Cependant, malgré le nombre des soldats d'Attila et malgré toute leur bravoure, les Burgondes conservent l'avantage. L'auteur des Niebelungs nous en dit la raison: c'est qu'ils sont chrétiens et que les Huns sont païens; il faut des chrétiens pour les vaincre. Cette gloire est réservée à Théodoric, que la violence des hommes du Rhin oblige à entrer enfin dans la lice, quoiqu'il s'y soit longtemps refusé. Son intervention termine la lutte; attaqué par Hagen, il le blesse au côté, l'étreint de ses bras de fer, le lie et le porte à Crimhilde. «Laissez-lui la vie, noble dame, dit-il à la reine; plus tard peut-être, il vous servira[560]». Gunther restait seul de tous les Niebelungs (Ghernot et Ghiselher étaient morts); Théodoric l'attaque à son tour, le terrasse et l'amène garrotté aux pieds de sa sœur.

[Note 560: ][(retour) ]

Hagenen band da Dietrich und führt' ihn, da er fand
Die edele Chriemhilde, und gab ihr in die Hand.....

Niebelung., v. 9521 et suiv.

La scène suivante n'est qu'une pâle copie de l'Atla-Quida, mais elle dénoue l'action d'une manière tout-à-fait inattendue. Gunther et Hagen sont enchaînés dans deux cachots différents, et Crimhilde fait ici ce que fait Attila dans l'Edda: elle va de l'un à l'autre, demandant où est caché le trésor de Siegfried. «Reine, lui dit Hagen, vous perdez vos discours; j'ai juré de ne jamais révéler ce secret tant que la vie restera à l'un de mes nobles chefs.--Eh bien! voici venir les dernières vengeances,» s'écrie la reine hors d'elle-même, et elle ordonne qu'on lui apporte la tête de Gunther. Prenant par les cheveux cette tête dégouttante de sang, elle la montre à Hagen; mais le farouche Burgonde continue à la braver. «Maintenant le trésor n'est plus connu que de Dieu et de moi, lui dit-il, et toi tu ne le posséderas jamais, furie de l'enfer!--Pourtant, reprend-elle, il en reste quelque chose que je prétends bien conserver, c'est l'épée de Siegfried: il la portait, mon gracieux bien-aimé, lorsque vous l'avez lâchement assassiné et que je l'ai vu pour la dernière fois!» Elle saisit alors le pommeau de Balmung, qu'elle arrache du fourreau sans que Hagen puisse la retenir; puis, levant à deux mains la terrible épée, elle tranche la tête de son ennemi[561]. Attila et Théodoric, présents à ce spectacle, restaient immobiles de stupeur; Hildebrand, indigné, s'élance sur la reine, la frappe de son épée et la tue. Le poëme finit là.

[Note 561: ][(retour) ]