Id. ub. sup.

[Note 345: ][(retour) ]

Ut veniunt Avares; Arabes, Nomadesque venite,
Regis et ante pedes flectite corda, genu.

Id. loc. cit.

Ces fêtes se célébrèrent au milieu du désordre d'une ville en construction, car la grande cité d'Aquisgranum, la seconde Rome, comme disaient les poëtes du temps[346], sortait alors de terre, sous les yeux et par l'active impulsion de Charlemagne. Attiré dans ce site enchanteur par l'abondance des sources thermales qui y formaient comme une rivière bouillante[347], il y avait fait bâtir un palais, sa résidence favorite, et, à proximité de ce palais, venaient se fonder l'un après l'autre les établissements ordinaires d'une métropole. C'était là son plaisir dans les rares moments de repos que lui laissait la guerre. Un contemporain nous le représente inspectant les travaux et encourageant par ses paroles une armée de tailleurs de pierre, de charpentiers et de maçons, ou bien posté au haut de la citadelle déjà terminée, comme au haut d'un observatoire, indiquant, le plan en main, la direction des rues et la place du forum, de l'amphithéâtre ou de la basilique[348]. Déjà s'élevait sur les colonnes de marbre amenées de Ravenne la coupole d'or de la chapelle[349] où devaient reposer ses ossements, et des fontainiers répandus de tous côtés captaient les sources pour les amener dans de profondes piscines, où l'on descendait par des degrés de marbre blanc[350]. Ces créations du génie civilisateur durent intéresser médiocrement Tudun et ses sauvages compagnons; mais la cour franke avait d'autres divertissements plus conformes à leur intelligence et à leur goût. La chasse était une des vives passions de Charlemagne, et aux yeux des Franks le plus noble plaisir qu'on pût offrir à des hôtes qu'on voulait dignement traiter. Charles y entraînait ceux-là mêmes qui ne s'en montraient pas très-soucieux, témoin ces ambassadeurs d'Aroun-al-Rachid, qui éprouvèrent une si grande frayeur à l'aspect des uroks, qu'ils n'avaient jamais vus[351]. On peut donc affirmer, quoique l'histoire ait omis ce détail, qu'il y conduisit les Avars, ardents chasseurs eux-mêmes, et chez qui la chasse était une institution politique. Dans cette hypothèse, qui n'a rien que de très-acceptable, nous emprunterons quelques détails aux écrivains contemporains, pour donner un aspect vrai de cette cour d'Aix-la-Chapelle, à laquelle se trouve mêlé assez bizarrement un kha-kan des Huns vaincu et baptisé.

[Note 346: ][(retour) ]

..... Ubi Roma secunda
Flore novo ingenii magna consurgit ad astra
Mole.................
Altaque disponens venturæ mœnia Romæ.

D. Bouq., t. v., Carm. de Car. M., v. 94 et seqq.

[Note 347: ][(retour) ]

Fons nimio bullentis aquæ fervere calore.